Gale et Ascabiol : Le protocole strict pour une guérison réussie

Gale et Ascabiol : Le protocole strict pour une guérison réussie

La gale : brisons les tabous pour mieux la traiter

La gale est une affection cutanée fréquente qui suscite souvent une peur injustifiée ou un sentiment de honte. Pourtant, il est essentiel de comprendre une chose : avoir la gale n'est absolument pas un signe de manque d'hygiène ou de négligence. Le sarcopte, le petit acarien responsable de la maladie, ne fait aucune distinction sociale ou de propreté.

Cela peut arriver à n'importe qui, n'importe où et n'importe quand. On peut la contracter en louant une maison de vacances un peu ancienne, en séjournant dans un hôtel, ou même lors d'un simple pique-nique en famille dans un champ. J'ai déjà rencontré de nombreux cas dans ces contextes précis. Il n’y a donc aucune gêne à avoir : c’est un problème médical comme un autre, qui nécessite simplement une prise en charge rigoureuse.

Comment la reconnaître ?

Le signe principal est une démangeaison généralisée, qui devient particulièrement intense la nuit. Elle se manifeste souvent par des petites lésions spécifiques entre les doigts, sur les poignets, les coudes ou les parties génitales. Si plusieurs membres d'une même famille se grattent en même temps, le diagnostic est presque certain. Chez les bébés, elle peut prendre l'aspect de petites bulles sur les paumes des mains ou la plante des pieds.

La règle d'or : le traitement en deux temps

Pour guérir de la gale, il ne suffit pas de traiter une seule fois. Le protocole est très strict et doit être suivi à la lettre pour éviter les récidives :

  1. Traiter tout le monde en même temps : Tous les membres du foyer et les contacts proches doivent prendre le traitement au même moment, qu’ils se grattent ou non.
  2. La répétition systématique : Que ce soit par comprimés (Ivermectine) ou par crème (Perméthrine), le traitement doit être impérativement renouvelé après 8 à 15 jours. C'est cette deuxième dose qui permet de tuer les parasites qui auraient éclos après la première prise.

Le protocole Ascabiol : La règle d'or

En Algérie, le traitement repose essentiellement sur l'Ascabiol. Pour qu'il soit réellement efficace et éviter que le cauchemar ne recommence, il y a deux règles non négociables :

  1. Traiter tout le monde en même temps : Tous les membres du foyer et les contacts proches doivent appliquer le produit au même moment, même ceux qui ne se grattent pas encore. Si on oublie une seule personne, elle re-contaminera tout le monde quelques semaines plus tard.
  2. La répétition obligatoire : L'Ascabiol tue les parasites adultes, mais pas forcément tous les œufs. Il faut donc impérativement renouveler l'application après 8 à 15 jours. C'est cette deuxième étape qui garantit l'élimination des parasites qui auraient éclos après la première application.

    Vigilance Nourrissons : 

    Attention, l'Ascabiol est toxique pour le nourrisson. Pour les tout-petits, il faut impérativement un traitement local adapté (comme la Perméthrine). L'inconvénient majeur est que ces produits ne sont pas toujours disponibles en pharmacie chez nous ; il faut souvent solliciter une connaissance à l'étranger pour vous les ramener. Ne prenez pas de risque avec des produits inadaptés pour vos enfants.

L'importance de l'environnement

Le traitement médical ne fonctionne que s'il est accompagné d'un nettoyage complet de l'environnement le même jour :

  • Lavez le linge, la literie et les serviettes à 60°C.
  • Pour ce qui ne passe pas en machine (matelas, canapés, chaussures), utilisez un spray acaricide spécifique ou placez les objets dans un sac plastique fermé hermétiquement pendant au moins 3 à 5 jours.

Patience après le traitement

Ne paniquez pas si les démangeaisons persistent quelques jours, voire deux à quatre semaines après le traitement. C'est une réaction normale de la peau. Cependant, si les démangeaisons restent aussi intenses après 15 jours ou si de nouvelles lésions apparaissent, il faut consulter à nouveau pour vérifier s'il n'y a pas eu une réinfestation.

En résumé : soyez vigilants, traitez sérieusement, mais surtout, restez sereins. C'est une pathologie qui se soigne très bien quand on suit le protocole.

 

Dr NAAS A.

Images: VIDAL

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