Hypertrophie bénigne de la prostate : quand la gêne devient-elle une pathologie ?
Hypertrophie bénigne de la prostate : quand la gêne devient-elle une pathologie ?
L'Hypertrophie Bénigne de la Prostate (HBP) n'est pas un cancer, mais une évolution naturelle du corps : plus de 50 % des hommes de plus de 60 ans sont concernés. Cependant, avoir une "grosse prostate" ne signifie pas forcément qu'il faut un traitement.
1. Comment savoir si vous êtes concerné ?
Le volume de la prostate ne fait pas tout. Ce qui compte, c'est la gêne urinaire :
- La nuit : Vous vous levez plusieurs fois pour uriner (nycturie).
- Pendant la miction : Le jet est faible, haché, ou vous devez pousser.
- Après : Vous avez l'impression que la vessie n'est pas vide ou vous avez des fuites (gouttes retardataires).
- L'urgence : Une envie pressante et soudaine que vous ne pouvez pas retenir.
2. Le bilan nécessaire
Le diagnostic commence chez le généraliste avec des examens simples :
- Interrogatoire : Évaluer la gêne sur la qualité de vie (score IPSS).
- Bandelette urinaire : Vérifier l'absence d'infection ou de sang.
- Échographie : Pour mesurer le volume de la prostate et surtout vérifier s'il reste de l'urine dans la vessie après être allé aux toilettes (résidu post-mictionnel).
3. Les règles d'hygiène : Les premiers réflexes
Avant même les médicaments, de petits changements peuvent aider :
- Limiter l'alcool et le café.
- Ne plus boire après 18h ou 19h pour limiter les réveils nocturnes.
- Pratiquer une activité physique régulière.
4. Traitements : Du médicament à la chirurgie "douce"
- Médicaments (Alpha-bloquants) : Ils détendent les muscles de la prostate pour laisser passer l'urine. C'est le traitement de première intention.
- Phytothérapie : Efficace pour les symptômes légers (extraits de plantes).
- Inhibiteurs de la 5-alpha réductase : Réservés aux grosses prostates (> 40 ml). Attention, ils peuvent impacter la libido et l'humeur.
- Chirurgie Mini-Invasive : C’est la grande révolution de 2026. On ne pratique plus systématiquement de "grande" opération. Des techniques laser ou des procédures par les voies naturelles permettent de traiter la prostate en ambulatoire (sortie le jour même), tout en préservant mieux la fonction sexuelle et éjaculatoire.
Mon conseil de pro
En Algérie, beaucoup d'hommes attendent le dernier moment (la "rétention", quand on n'arrive plus du tout à uriner) par pudeur ou peur de l'opération. Mon conseil est simple : n'attendez pas la complication. Une prise en charge précoce permet souvent de rester sous simple traitement médical et d'éviter des dommages irréversibles à la vessie ou aux reins.
Attention : Si vous voyez du sang dans les urines ou si vous avez de la fièvre avec des brûlures urinaires, c'est une urgence urologique !
Dr NAAS A.

